[ one Shot ] Présentation

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Gariane

•21 ANS•


Merci Little Angel pour ton message ^^



D u n o u v e a u d u n o u v e a u D u n o u v e a u

Une Nouvelle fiction, une version différente de TENTATION
en Ligne sur mon Nouveau BLOG dés Aujourd'hui


http://moonlight-of-gameriane.skyrock.com

en deux mots : fascinée par l'univers de Twilight, d'aprés Stephenie Meyer

Sur un coup dete, suite au concours de One Shot organisé par le Forum The Meadow, j'ai décidé d'écrire un petit bout de la vie Renesmée. Chapitre aprés Chapitre, cette histoire m'a entraidans un univers merveilleux, celui de lcriture, peuplé de vampires, de loups, d'adolescents, d'amour et de Haine.

voici en quelques pages, en quelques mots, ce que serait ma version de la suite de Révélation.

_______________________________________________________________________________________

Un peu plus de six années ont passées. Bella et Edward Cullen, accompagnés de leur fille Renesmée, reviennent à Forks, qu'ils avaient quittés, à cause de la croissance accée de Nessie.
Ness
ie s'est enfin stabilisée et vit désormais dans le corps d'une magnifique adolescente de seize, dix sept ans.
Mais le destin de Nessie n'est pas aussi paisible qu'elle ne le voudrait, une nouvelle vie pleines de doutes et de surprise s'offre à elle, et les secrets enfouis du pasapparaissent....
C
'est qu'elle rencontre Jacob Black, un être pour le moins surprenant...


_______________________________________________________________________________________

Chapitre 1 [Retour aux Sources]
Chapitre 2 [Le Lycée]
Chapitre 3 [Secrets]
Chapitre 4 [Un monstre Fragile]
Chapitre 5 [Un corps de pierre renfermant un coeur de chair]
Chapitre 6 [Une Envie Pressante De Sucer Le Venin Mortel De L'Existence]
Chapitre 7 [Un Monstre Hybride Peut-il Retenir Un Loup]
Chapitre 8 [Invulnérable]
Chapitre 9 [Bien Sûr Que Je Me Souviens]
Chapitre 10 [Prisonnière, Ni Plus, Ni Moins]
Chapitre 11 [Ultime vengeance d'un Vampire : La Vie à Perpétuité]
Chapitre 12 [Une terrible obsession, un besoin de l'Aimer]
Chapitre 13 [Je suis une Arme de Destruction Massive]
Chapitre 14 [J'ai Foi en Toi]
Chapitre 15 [Qu'il se casse, qu'il me Blesse, qu'il m'Emporte]
Chapitre 16 [Un loup garou, pas un humain, capable de Tuer pour Elle]
Chapitre 17 [Nous n'aurions Jamais dû Nous Aimer]

Chapitre 18 [ Je ne suis plus Indifférent ]
Chapitre 19 [ j'avais le choix]
Dernier Chapitre 20 [ Au delà de nos rêves. Ailleurs.]


Nouveau Projet d'Ecriture:

http://gameriane.skyrock.com

:D




Une selection de quelques fictions sur • http://annuaire-fictiontwilight.skyrock.com

mon blog reste en ligne malgré la fin de ce O.S•je réponds à vos coms ◘• n'hésitez pas à critiquer, à en parler


petit message:


"let" : super ton OS, tu pourrais me dire ou je peux trouver le chapitre 9 et les suivants?

réponse: sur la page 2, puis 3...(ils sont en lignes, peut être que ça a bugué quand tu t'es connectée...

Mathilde ==> Merci pour tes commentaires, je voulais y répondre mais tu n'as pas laissée d'adresse de blog
^^

Merci aussi à Virginie ( Du Québec) pour ton commentaire... bisous ^^

# Posté le mardi 17 mars 2009 16:00

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 08:45

Remerciements ♥

^^
^^ Une Histoire qui touche à sa fin. :(
Un Grand merci à vous toutes, qui m'ont soutenu, par vos commentaires et vos critiques, tout au long de cette aventure
$)

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Remerciements ♥

# Posté le dimanche 05 avril 2009 09:08

Modifié le lundi 11 mai 2009 12:09

[ chapitre un : Retour aux sources ]

[ chapitre un :  Retour aux sources ]
Les gouttes de pluie martelaient le toit en ardoise de l'étroit cottage dans lequel nous vivions, mes parents et moi. Il m'était difficile de les considérer comme tels, Edward et Bella semblaient âgés d'à peine quelques années de plus que moi. Je m'étirais et tendais l'oreille. Ils riaient dans la pièce voisine. La faible lueur peinait à éclairer ma chambre d'adolescente, dont les murs de pierre supportaient des photos de ma famille et de mes amis. Je m'étais à peu prés stabilisée, du moins mon corps avait presque l'air d'une jeune femme de seize ans. Je n'avais pas très bien vécue toutes ses années de vie accélérée, je m'étais sentie trahie par mon corps, et volée de mon enfance.
Je remettais de l'ordre dans mes boucles bronzes, héritage de mon père. Quelques coups contre la porte de bois retinrent mon attention. Bella. Bizarrement, elle n'avait pas perdu en force, des années après sa transformation, elle battait toujours Emmett à la lutte.
_Entre! Je suis réveillée!
_coucou, mon ange! Tu as bien dormi?
Elle m'adressa son sourire chaleureux du matin, un véritable rayon de soleil, comparé au froid et à l'humidité de Forks.
_ comme une marmotte! Et toi, tu as fait de beaux rêves?
Nous rîmes de ma plaisanterie pas très originale, je les taquinais souvent à propos de leur existence aux particularités extraordinaires. Mes vampires de parents ne dormaient pas.
Edward s'affairait dans la cuisine. Je sentais l'odeur appétissante des toasts au fromage qui m'attendaient. Je me souvins du dégout que j'avais pendant longtemps éprouvé pour la nourriture humaine. J'avais été incapable d'avaler quoique ce soit sans faire une colère, telle une gamine capricieuse. Mais oncle Carlisle avait été ferme, si je désirais vivre auprès d'êtres humains, il me faudrait faire des efforts et prendre sur moi même. De mauvaise grâce, j'avais accepté, puis je m'y étais faite. Je commençais même à apprécier certains plats.
Je me levais et enfilais mon kimono. Bella filait déja en direction de son cher et tendre mari, qu'elle couvait des yeux, comme au premier jour. Je toussotais, histoire de leur faire comprendre que je n'avais guère envie de supporter leur badinage d'adolescents transi d'amour.
_oh! Sa majesté daigne enfin nous honorer de sa présence?
Je fusillais mon père du regard. Il m'adressa un sourire narquois et Bella lui pinça les côtes. Depuis que je m'étais stabilisée, ce dernier se comportait comme un grand frère, avec tout ce que cela induisait: piques taquines, sur protection et vannes affectueuses. Il faut dire qu'il avait toutes les peines du monde à prendre au sérieux son rôle de père alors qu'il affichait aux yeux de tous l'apparence d'un adolescent de dix sept ans. Et moi même, je devais m'avouer que je préférais les considérer ainsi, comme des frères et soeurs, plutôt que comme mes parents.
_Edward, ne commence pas, s'il te plait.
Evidemment, il lui était impossible de résister à la moue boudeuse de Bella, il se décontracta et me regarda droit dans les yeux, avec douceur. Bella enchaina.
_ nous avons rendez vous cet aprés midi avec Mme Taylor, ma chérie. Tu vas aimer le lycée de Forks. J'y ai conservé des souvenirs assez agréables, malgré tout.
_comment ça, malgré tout? S'offusqua Edward.
Son rire argentin résonna dans la piéce, auquel s'y ajouta le mien et celui de Edward, faussement blessé par la remarque provocatrice de ma mére. Combien de fois ne m'avait elle pas racontée sa formidable rencontre avec ce vampire sarcastique et hautain, aux humeurs changeantes, mais ô combien fascinant et charismatique.
_ cela fait plus de 4 ans que vous n'êtes pas revenus a Forks, je m'inquiètes plutôt de l'accueil qu'on vous y fera. Déclarais je, fuyant leurs regards.
Nous avions dû déménager en Irlande, à cause de ma croissance accélérée, qui ne leur permettait pas de s'intégrer aux humains. Enfin, quand mon corps avait ralenti progressivement sa vieillesse, ils avaient tout les deux mûris le projet de retrouver le clan Cullen à Forks. Je ne m'y étais pas opposée, j'adorais les frères et soeurs de Edward.
_ Alice t'accompagnera au lycée. N'empéche quand j'y repense, ta soeur est complétement félée!

_Quoi!! j'entend qu'on parle de moi, ici?
Une bouffée d'air frais entra en même temps qu'Alice qui tourbillonnait gracieusement vers nous. Elle adorait ses entrées théâtrales, et je ne pus retenir mon rire. Vêtue d'une jupe plissée et d'un chemisier blanc, elle arborait la tenue type d'une écolière anglaise. Ses cheveux courts qui rebiquaient de tous cotés étaient d'un noir de jais. Alice était de loin la meilleure amie que je n'ai jamais eue. Toujours à l'écoute, et avec un humour débordant, elle avait beaucoup contribuer à améliorer mon existence. À l'accepter, surtout.
_salut, ma belle!Bella prit sa soeur dans ses bras, elles deux partageaient une amitié sans faille, a mon instar.
_ franchement, Bella, comment ose tu laisser ta fille s'affubler de la sorte? Il était temps que vous reveniez, je crois que je vais devoir prendre les choses en main, et vite!Bella s'esclaffa, elle connaissait Alice et son goût immodéré pour la mode. Combien de fois n'avais je pas servie de poupée humaine.
_ je disais justement à Nessie que tu allais t'inscrire en seconde. Pour la énième fois.
Je fis des yeux ronds. Alice avait déjà fait sa scolarité à Forks, quelques années auparavant.
_ je vais me faire passer pour une parente accueillie par les Cullen, après tout, ils ont déjà gobé pire comme mensonges! Je tiens à vivre avec toi cette magnifique expérience qu'est le lycée... c'est inoubliable!Je pris une profonde inspiration. À vrai dire, j'avais ressenti une vague angoisse à l'idée d'affronter tous ses inconnus, qui ne se priveraient pas de me juger, et certainement de me rejeter. J'étais soulagée que Alice soit avec moi dans cette épreuve.
_merci Alice! Tu peux pas savoir à quel point je suis rassurée!
Bella m'offrit un regard plein de compassion, elle prit la main de Edward, et mis dans chacun de ses mots, toute la douceur possible.
_ tu n'as aucune crainte à avoir, Nessie. tout va bien se passer. J'en suis persuadée. Bientôt, tu vas avoir une ribambelle de curieux qui vont se battre pour t'avoir avec eux.J'étais persuadée du contraire. J'étais un être hybride, mi humain, mi vampire. À la charnière entre deux mondes. Ou trouverais je ma place?
_ Bella a raison. Je me souviens encore de tous ces gars qui lui tournaient autour. Tu vas devenir la fille la plus populaire de Forks, crois moi! D'ailleurs je crois que je vais devoir surveiller les pensées de tous ces ados pré-pubaires de prés!Les yeux d'Edward pétillaient de malice, il avait toujours su lire dans mon esprit. cela m'avait souvent énervée. J'avais appris à cacher mes pensées les plus privées, lorsque j'étais en sa présence. Cependant, j'avais lu de la culpabilité dans son regard, il n'aimait pas plus que moi, pénétrer dans l'intimité de ses proches.
Alice passa ses doigts glacés dans mes cheveux emmêlés, et entreprit de me coiffer.
_ j'ai ramené nos fausses cartes d'identité, tout droit sortis des bureaux de J. Jenkins!
Je sortis les précieux documents de son sac à main de cuir, ouvert sur la table.
_Mary Alice Cullen? On va vraiment devoir t'appeler comme ca?
_sache, ma belle, que ceci est mon prénom intégral, tout le monde n'a pas la chance d'avoir un prénom aussi original que le tien, Re-nes-mée.
Elle avait appuyé sur chaque syllabe, puis avait fini sa phrase par un petit rire sournois. Je n'aimais pas mon prénom, je préférais mille fois plus mon surnom, Nessie, et ne répondais jamais autrement qu'à celui la. Au grand désespoir de ma mère.
_ce sera plus simple pour toi, ma chérie. Si on changeait le prénom d'Alice, tu risquerais de te tromper par inadvertance. Là au moins, personne ne trouvera bizarre que tu utilises Alice comme diminutif.
J'acquiesçais. Décidément, ils avaient pensé à chaque détail. Je commençais a me dire que je n'avais peut être pas complètement raison de m'angoisser sur mon retour à Forks.
Je me levais de table avec un faible sourire, il fallait que j'affiche un minimum de confiance en moi, pour les rassurer. Puis j'entrepris de faire ma toilette et de m'habiller, avant de rejoindre Alice qui trépignait d'impatience. Elle avait prévue de me faire re-découvrir Forks avant notre entretien.

# Posté le mardi 17 mars 2009 16:25

Modifié le vendredi 14 août 2009 15:39

[ chapitre 2 : le lycée ]

[ chapitre 2 : le lycée ]
Je me rendais compte, a mesure que nous traversions, d'une allure humaine, la rue principale de Forks, à quel point mes souvenirs en étaient brouillés. J'avais quitté ce village humide et pluvieux, il y a de cela quelques années, quelques mois après l'arrivée des Volturi, un puissant clan, qui avait nourri des envies meurtrières à mon encontre. Je frémissais rien qu'en y pensant. Le sujet était tabou à la maison, Bella avait de nombreuses raisons de détester cette macabre famille. C'était il y a très exactement six années, j'avais la taille d'un bébé de deux ans ,à l'époque. Alice avait pris ma main, je lui avais envoyé mentalement et inconsciemment mes pensées embrumées.
Elle me gratifia d'un sourire étincelant. Devant nous, les gens se retournaient, se demandant qui pouvaient être ces deux étranges adolescentes, au teint si pale. Je me doutais qu'ils feraient rapidement le lien avec la famille du Docteur Cullen, de leur temps, ils avaient eux aussi fais les frais de la curiosité des villageois. Et de leur rejet. Aussi.
_ tadam!
Alice venait de glisser sous mes yeux une carte de crédit bleue. Nous nous tenions devant l'unique centre commercial de Forks, ouvert depuis quelques mois seulement.
_c'est pas nécessaire. J'ai des tonnes de fringues à la maison, tu sais. Bella n'a pas encore découvert la moitié de ton dressing!
Elle eut un soupir découragé. Je connaissais les réticences de Bella à propos des tenues branchées et sexy, qu'Alice adorait par dessus tout.
_ la mode évolue si vite, tout est déjà dépassé! Je vais faire de toi, la lycéenne la plus classe de tout l'état de Washington!
Je pouvais déjà lire ,dans ses yeux fous, l'étendue de son délire artistique. Je priais silencieusement pour qu'elle évite tout ce qui pourrait me mettre trop en avant. J'avais hérité de ma mère le besoin de me fondre avec discrétion dans la masse. Mais c'était peine perdue, Alice m'entraina dans les rayons, piochant de ci de là,fouillant dans les tissus.et je me retrouvais dans une cabine d'essayage, noyée par un océan de vêtements.
Lorsque nous passâmes à la caisse, je fus gênée de voir tous les regards des clients qui convergeaient vers nous. L'un deux, un étudiant, certainement, n'arrêtait pas de nous observer. De taille moyenne, avec un visage rond et jovial,et les cheveux blonds gominés en de savantes pointes rebelles.
_Alice Cullen?
Il semblait perdu. Étonné. Effaré.
Elle éclata de rire.
_on me l'a fait tout les jours! Je suis Mary Alice Cullen, la cousine éloignée de Alice!
_ ah... je suis Mike Newton,... heu.. j'étais au lycée avec ta cousine, et... tes cousin aussi. Edward, et Jasper, et le barraqué aussi.
_Emmett!
_oui c'est ca.

Puis il lorgna son regard vers moi. Me détailla, avec une expression bizarre.
_Renesmée Cullen. C'est la demi soeur de Edward. S'empressa de répondre mon amie.
_Nessie... corrigeais je.
il hocha la tête. Visiblement, le seul fait de mentionner mon père le mettait mal à l'aise. J'espérais que ce ne serait pas le cas du reste du lycée. Mais bon, au moins, les jeunes d'ici ne connaissaient certainement pas tous Edward, comme Mike Newton devait le connaître.

Quelques heures plus tard, nous étions revenues au cottage. Alice racontait à Bella et Edward, notre rencontre de ce matin, et celui ci éclata de rire. Ils passèrent en revue quelques anecdotes à son sujet qui provoquèrent l'hilarité générale. Carlisle, Esmée, Jasper, Emmett et Rosalie nous avaient rejoint, bref, la maison craquait de toute part, sous l'assaut de la horde de vampires que notre clan comptait. Ils m'interrogeaient sur mes impressions à propos de la ville, guettant mes questions et mes réponses avec une absurde avidité. Ils me cachaient quelque chose, j'en étais sur. Il y avait une tension dans l'air, et j'étais persuadée qu'ils s'étaient tous entendus pour garder un secret. Un secret me concernant.
Carlisle s'approcha de moi, avec ce même regard affable qu'il avait toujours eu. Je n'avais jamais connu personne d'aussi bon, d'agréable. Pour moi, il était ce père que Edward ne pouvait être.
_tout ira bien, tu t'es très bien adapté à ton nouveau régime. Je suis sûr que tu tiendras. Pour des questions administratives, je serais ton tuteur légal, ce sera plus simple, étant donné qu'ici tu seras vue comme étant la demi soeur de Edward.
Je lui souris. Cet homme avait vraiment l'esprit de famille. Je savais que ce choix avait fait de la peine à Bella. Malgré ses dix huit ans, elle se considérait comme ma mère, celle qui m'avait portée pendant des semaines, et je savais le mal que ça lui faisait de renoncer à sa maternité, de jouer cette mascarade. Mais elle avait acceptée. Pour mon bien.
Je m'approchais d'elle et la pris dans mes bras. Elle m'embrassa la joue. Nous avions l'air de deux soeurs, nous avions pratiquement la même taille fine, mon teint était légèrement plus halé que le sien,mais j'avais ses yeux couleur chocolat d'antan, et son nez retroussé.


Le grand jour était arrivé. Chaque minute, chaque seconde qui me rapprochait de l'heure fatidique, m'emplissait d'une folle angoisse. Dans ma poitrine, mon coeur battait à tout rompre. Je me jugeais avec sévérité dans le miroir. Je ne laissais passer aucun détail au hazard. J'essayais d'avoir l'air humaine, le plus possible. Mon teint neigeux n'était pas aussi pâle que mes protecteurs de vampire, néanmoins je ne soutiendrais pas la comparaison, face à mes camarades au teint halé, pour la plupart. J'allais détonner. Une fois de plus. Par chance, il ne pleuvait pas aujourd'hui, le ciel était couvert par une lourde masse nuageuse, empéchant le soleil de briller. Un klaxon retentit dehors. C'était Alice, à bord d'une luxueuse et nouvelle voiture de sport. Moins clinquante que la précédente, une indécente porsche jaune. Celle ci était noire et racée. Je sortis de ma chambre, enfilais une veste chaude,rapidement. Je ne me permettrais pas d'arriver en retard pour mon premier jour de cours. Bella se tenait dans l'entrée, accompagnée de Edward.
_bon courage, ma chérie. Tu vas tous les éblouir. Tu es une Cullen! S'esclaffa t-elle avec fierté.
Elle voulait détendre l'athmosphére, je la gratifiait d'un faible sourire. Elle reprit, plus sérieusement.
_ne t'en fais pas, Alice est avec toi. Tout se passera bien.
Edward hocha la tête. Il lisait mes pensées. Je tentais de lui exprimer toute ma reconnaissance. Il caressa ma joue avec tendresse.

_oh les jeunes! Je voudrais pas vous affoler, mais on a pas l'éternité!
Alice s'impatientait, au volant. Je ris de sa plaisanterie et la rejoignis,une boule au ventre. Je pris au vol mon sac et me glissais à ses cotés avec une pale grimace qui se voulait un sourire.
_toi, me dis pas que t'as le trac?
_figure toi que je n'ai pas passé mes trentes derniéres années à fréquenter tout les lycées du monde. J'ai totalement le droit d'avoir peur.
_t'inquiètes, le premier qui t'embéte, je lui fais la peau! Dit elle en dévoilant une rangée de dents étincelantes.
Nous rîmes en même temps et elle démarra avec un hurlement hystérique.
Comme j'avais pu le remarquer lors de ma premiére visite, pour l'entretien, le lycée de Forks était trés petit. Quelques batiments de briques rouges, accolés au bois, vert de végétation. Je vis, tels des moutons, quelques centaines d'éléves qui se dépéchaient d'entrer dans le batiment principal. Ils se connaissaient, pour la plupart, depuis la maternelle. Alice se gara en douceur vers la place anciennement assignée au Cullen, non loin d'un large escalier de pierre grise. Puis mon enfer personnel commenca.
Des paires d'yeux nous observaient avec acuité, de tout côtés. Mes sens hyper developpés ne calmaient en rien le stress qui noyait mon esprit. Je pouvais entendre dans un rayon assez large les paroles de tous ses inconnus. Et nous étions le centre de leur attention. Les professeurs nous dévisageaient, surtout Alice, sans vergogne. Alice leur servit son piteux mensonge et je me présentais pareillement.
Les cours débutérent. Je n'étais pas une trés bonne éléve, à l'inverse de Bella ou bien des Cullen. Moi, je n'avais pas eu un siécle de connaissance, ni le loisir d'apprendre pendant dix huit ans. J'avais six ans d'existence, certe j'avais une maturité dûe à ma situation particuliére, mais je n'avais jamais mis les pieds dans une école. Les seuls cours que j'avais eus, c'était ceux que Bella m'avait donnés. J'étais assez consciente de mes lacunes. Mais Alice avait promis de m'aider, et j'avais été rassurée, une fois de plus.
La cloche sonna. Nous nous dirigeammes vers la cantine, une vaste salle colorée dont les murs de briques supportaient une quantité incroyable de tracts, posters et affiches liés aux activités extra scolaires que proposait le modeste lycée de Forks.
Je composais rapidement un plateau repas et rejoignis Alice qui se dirigeait vers une table collée à la baie vitrée.
Les humains nous regardaient avec un mélange de fascination et de peur. Je tentais de sourire faiblement.
_pourquoi ont ils peur?
_c'est instinctif. Ils ne s'en rendent pas compte. Allez souris, moi je sais que tu ne mords pas!
J'éclatais de rire, nerveusement.
_je peux?
La voix grave et sourde de... William, si j'en croyais le prénom agraphé à sa veste de quaterback, fit lever mon nez de l'assiette. C'était l'un des rares garçons de notre classe. Il était accompagné par une jolie pom pom girl blonde. Cela me semblait tellement cliché.
_Bien sûr! Installez vous!
Alice avait pris sa voix la plus aimable pour les inviter à notre table. Elle avait envie que je m'intégre.
_ Je suis William Anton et voici Amber Princeton. J'ai vu qu'on avait pas mal de cours en commun. Alors comme ca, vous viviez en Irlande?
Je souris et tentais de parler. Aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. J'étais paralysée par la timidité. Je pris une profonde inspiration et contre toute attente, je me sentis rougir.
_heu.. oui. Pas trés loin de Dublin. Mais notre famille vit ici depuis pas mal de temps. Les Cullen.
Ce nom lui disait quelque chose. Notre famille était la cible préférée des racontars de toute sorte. Ils se souvenaient de l'étrange famille du Docteur Cullen, de chacun de ses membres, tous dotés d'une beauté et d'un charisme à couper le souffle.
_ oui ma mére est infirmiére, elle bosse avec ton... heu..
_tuteur! Coupa Alice, tout sourire.
Elle mettait en jeu tout son pouvoir de séduction pour retenir ces deux braves humains qui avaient surpassé leurs instincts naturels pour nous parler.
Finalement la conversation alla bon train. Le jeune homme, un atlétique brun au regard bleu azur, était en fait un moulin à parole. Il me posait une multitude de questions auxquelles je m'empressais de répondre maladroitement, non sans avoir réfléchi à chacun de mes mots. La blonde m'observait avec une curieuse expression, un peu trop hostile à mon gout. Elle parlait peu, visiblement, l'idée de nous aborder ne venait pas d'elle. Elle fit un signe à une groupe de seconde et nous abandonna.
Les heures passérent, jusqu'à ce que la derniére sonnerie retentisse, libératrice. Mon premier jour s'était relativement bien passé. Je m'étais attendue à pire, bien qu'il ne fut pas non plus idyllique. La plupart des gens nous avait jaugés avec envie et crainte. Je me demandais si un jour je traverserais ce long couloir sans être l'objet des conversations, pas franchement élogieuses. Je portais une jupe noire au dessus des genoux, des bottes en foururres ainsi qu'une chemise bleue foncée, sur les conseil de mon amie.
J'avais voulu me fondre dans cette masse d'adolescents, mais ils restaient différents, tellement plus insouciants. Ils ne portaient pas en eux de lourds secrets impossibles à réveler. Will m'accompagna jusqu'à la voiture tout en me promettant de me présenter son équipe de Football américain et ses amies.
Alice était déja au volant, et elle m'attendait, soucieuse. Je connaissais sa faculté à lire l'avenir et soudain mon coeur eu un raté. J'avais peur des mauvaises nouvelles. Je m'assis à la place passager et attendis.
_Où as tu l'intention d'aller? Je t'ai perdue de vue pour les minutes à venir. J'ai cru mourir de peur.
_Heu, je pensais aller voir Charlie, en fait. Je l'ai pas revu depuis notre retour. Bella m'en a parlé ce matin. C'est à deux pas, tu me dépose? Je rentrerais à pied!
Elle fronça ses sourcils et réfléchit intensément. Je savais qu'elle avait d'autres projets pour la soirée. Elle ne m'accompagnerait certainement pas.
_ Ok. Je te suis! Ca fait un bail que j'ai pas salué ce bon vieux Charlie!
Elle se dérida et alluma l'autoradio. C'est en chantant à tue tête que nous nous garames devant la maison de mon grand pére.
La nervosité de mon amie me surprit. Depuis quand prenait elle toutes ses précautions. Elle semblait inspecter chaque tréfonds des bois qui entouraient la masure. Je frappais un coup contre la porte vitrée. Charlie m'ouvrit, les yeux ronds, comme à chaque fois qu'il me voyait.
_ca par exemple! Nessie, tu as encore poussé! Tu ne t'arréteras donc jamais!
Déja, il m'avait enlevé dans ses bras chaleureux.
_ J'avais envie de te voir. Ca fait si longtemps. Bella ne vas pas tarder, elle m'a dit qu'elle passerait dans la journée. Comment se portent les Mariners?
Je connaissais sa passion pour le Baseball et l'entrainais vers son terrain familier. Il ricana et me proposa à boire. Il embrassa Alice, qu'il appréciait également. Une femme à la peau sombre se tenait dans la cuisine. Elle nous adressa un sourire. Sue Cleawater. Depuis quelques années, ces deux la vivaient ensembles, a la grande joie de Bella, rassurée de savoir que quelqu'un veillait sur son pére solitaire. Des pas retentirent à l'étage. Je levais les yeux et contemplait avec stupeur une jolie jeune femme d'à peine dix huit ans. Ses cheveux d'ébénes étaient coupés en un court carré plongeant. Sa taille fine et musclée avait de quoi faire pâlir de jalousie n'importe quelle fille de Forks. Son visage se ferma lorsqu'elle me considéra, et bien plus encore lorsqu'elle reconnue Alice. Car j'étais persuadée que ces deux jeunes femmes se connaissaient. Moi même, il me semblait l'avoir déja vu quelques part, mais mes souvenirs étaient trop flous pour déterminer avec exactitude dans quelles circonstances. Devant mon air ahuri, Charlie entreprit de faire les présentations.
_Leah, tu reconnais Nessie? Qu'est ce qu'elle a grandie!
Je fis un signe poli de la tête. Alice restait crispée. J'aurais juré qu'elle ne respirait plus par le nez. Depuis quand l'odeur des humains l'a faisait autant souffrir? J'observais ses iris couleur miel. Elle avait chassé la veille. Je lui pris le bras pour l'amener à l'extérieur, afin d'abréger son supplice.
_Bon, ça été un plaisir, Charlie, Sue,... Leah. On va vous laisser. A une prochaine fois!
J'entrainais Alice vers la porte . Dans ma précipitation, je ne me rendis pas compte que celle ci était déjà ouverte et qu'un inconnu avait pénétré dans la demeure. J'entrais en collision avec lui. Et mon corps puissant s'abattit contre une poitrine brulante, toute aussi forte. Un instant, je réfléchissais. Je venais de commettre ma premiére erreur de la journée, j'avais certainement brisé les côtes d'un humain, par inadvertance. Puis, n'ayant ni entendu, ni vu de violente projection, j'en déduisit que j'avais maitrisé mon corps avant le choc. Ou bien qu'il n'y avait pas eu de choc, en raison de la puissance de mon adversaire. Je levais les yeux, en proie à l'étonnement.
Et il me fit face. Me surplombant du haut de ses deux mètres. Un Indien a la peau tannée par le soleil, aux muscles vigoureux, et au regard pétillant,le temps d'une seconde, restait immobile devant moi, comme pétrifié.
_Jacob!
Alice avait laché ce prénom dans un soupir. Je me retournais vers elle, et vis qu'elle lui adressait un regard lourd de sens. Le même que j'avais ressenti lorsque j'étais entourée de ma famille, lorsque j'avais eue cette impression d'être étrangére à un secret. Le jeune homme qui m'observait ,avec un visage tendu, partageait ce secret. J'en étais sure pour je ne sais quelle raison. La tête me tournait, je sentais mes souvenirs qui s'embrumaient, qui virevoltaient dans tous les sens.
_Il faut qu'on y aille. Dis-je rapidement, en proie à une angoisse bien plus puissante que celle qui m'avait assaillie quelques heures auparavant. Sur ce, je m'engouffrais dehors et me ruais vers la voiture. Alice me suivit et prit place, silencieuse. Elle ne parla que lorsque nous fûmes devant le cottage.
_ Je crois que ton portable a vibré.
Je l'avais remarqué aussi. Mais je n'avais même pas tenté un geste en sa direction. Trop de sentiments me submergeaient.

# Posté le mardi 17 mars 2009 19:04

Modifié le vendredi 14 août 2009 15:40

[ chapitre 3 : Secrets ]

[ chapitre 3 : Secrets ]
Je vis dans l'allée plusieurs voitures. Le Clan Cullen au complet pour le débriefing de ma premiére journée en tant qu'humaine. Je soupirais et réfléchissais à quelques anecdotes futiles que je pourrais glisser dans les conversations.
À peine eus-je un pied dans la maison que Rosalie me sauta dessus littéralement. Elle me prit dans ses bras et me posa une série de questions, m'invitant à décrire chaques minutes passées à Forks. J'avais un amour débordant pour Rose, nous partagions une complicité particuliére, elle et moi. Je savais qu'elle s'était battue pour que je vive, à l'époque où la grossesse de Bella s'avérait être périlleuse. On m'avait épargné bien des détails, pour ne pas me blesser, mais je n'ignorais pas que ma naissance avait été difficile, et que mon existence n'avait pas été complétement désirée. Mais Rose m'avait aimée dés les premiéres secondes, elle avait consacré chaque instant de sa vie à me protéger et à me faire sentir désirée, acceptée. Elle coiffa mes boucles de bronze tout en m'écoutant parler du lycée. Emmett commenca à faire des blagues sur les joueurs de Baseball, lorsque je décrivit Will et ses amis, puis il parti dans une hilarité effrayante alors que je mentionnais Amber et ses amies pom-pom girls.
_Nooon! Nessie, promet moi que tu seras pas Pom-Pom, un peu de respect pour notre espéce ! Aaah je sens que Edward va massacrer une équipe de mecs en ruth!
Rosalie le foudroya du regard.
_C'est pas mon genre et je suis pas sûre qu'elles m'apprécient. Elle m'ont regardé comme si j'étais un alien. J'ai eu l'impression d'avoir une fiante de pigeon sur ma tête, tellement les gens me dévisageaient bizarrement!
Belle sourit. Je savais qu'elle avait été accueillie comme le Messie a Forks.
_Bah, elles sont jalouses, certainement. Personne ne soutient la comparaison face à une Cullen!
Cette derniére réplique était d'Alice, qui venait d'entrer. Edward la fixa avec intérêt, et soudain sa mâchoire se crispa. Je devinais qu'il avait lu dans ses pensées. Je me précipitais vers le frigo, afin de me mettre quelque chose sous la dent. J'avais les crocs, toutes ses émotions m'avaient vidées, je mis enfin la main sur des restes de la veille que je fis réchauffer. À mon grand bonheur, la conversation dévia sur les prochains travaux de réaménagement du cottage, devenu trop petit pour nous accueillir tous. Emmett et Jasper essayaient de convaincre Esmée de construire une salle de séjour plus moderne, celle ci s'entétant à vouloir conserver la décoration originelle. Mon repas avalé, je décidais de me réfugier dans ma chambre. J'avais besoin d'être seule, et de me concentrer. Bella me décocha un regard inquiet et interrogateur. Elle aussi, avait percu le changement d'humeur de son mari, qui à présent, broyait du noir.
J'enlevais mes bottes et me jetais sur mon lit. j'avais fermé la porte a clef et mis de la musique. Ce n'était pas trés poli, mais le message fonctionnait. “Ne me dérangez pas”. À cet instant je me sentais complétement dans la peau d'une adolescente de seize ans. J'avais mis du temps à y arriver. Mon cerveau avait toujours eu un âge différent que mon corps. Les deux avaient toutes les peines du monde à coexister. Et pourtant, le processus avait ralenti. Enfin. Mon caractére survolté avait posé bien des soucis à mes parents, combien de fois n'avais je pas envoyé paître l'un de mes cousins. Et je m'étais apaisée. Ces derniers mois, je les avaient passé à m'excuser auprés de ma famille, et à racheter ma conduite de gamine capricieuse. Cela n'avait pas enlevé mes craintes, ni mes angoisses, mais au moins, à défaut de l'être par moi même, j'étais acceptée pour ce que j'étais, par mon clan.
Je détendis chacun de mes muscles et m'imprégnant de la musique calme qui enveloppait la piéce. Et je me concentrais. J'avais déja vu ces deux visages, ils m'étaient familiers. Pour une raison que je ne m'expliquais pas, on essayait de me protéger, de m'éloigner.
J'entendis quelques coups répétés contre la porte. Je me redressai et levai le loquet. Je regagnais mon lit, suivie par Edward. Il faisait les cent pas. Au bout de quelques minutes, il se tourna vers moi, ouvrit la bouche. Et se tut. Il était nerveux. Cela lui arrivait tellement rarement, il avait toujours été imperturbable.
_.. Nessie. Je sais que tu as vu Jacob Black aujourd'hui.
J'étais étonnée qu'il ne s'arrêta que sur l'indien, que j'avais à peine entrevu.
_Oui, j'ai fais connaissance avec Leah et sa mére, aussi.
Il passa sa main dans ses cheveux ébouriffés et prit place à mes cotés.
_Je sais que cela va te sembler étrange, ou injuste... mais je préférerais que tu ne fréquentes pas Jacob Black à l'avenir, quoiqu'il te dise.
Je fis des yeux ronds. Je ne comprenais pas pourquoi il prenait autant de précautions. Je n'avais jamais eu l'intention d'approcher ce colosse.
_Je... j'ai du mal à comprendre là. Je ne lui ai pas parlé. Qui est ce? J'ai l'impression de le connaitre, lui et sa soeur. Mais tout est si flou.pourquoi Alice etait elle si nerveuse. Tu sais qu'elle a cessé de me voir? Comment est ce possible?
_Ne t'en fais pas pour Alice, son talent a ... Quelques failles! Je veux juste que tu me promettes de ne pas t'approcher de Jacob Black.. Il est... dangeureux. Tu veux bien?
Son visage était figé, inquiet, vraiment. Là, il ressemblait à un père. Il avait repris ses manies d'homme surprotecteur.
_Oui, si tu veux! Mais enfin, Edward, je suis aussi puissante que toi! Que voudrais tu qu'il me fasses! Même s'il le pouvait je suis sûre qu'il ne pourrait pas me blesser!
Sa mâchoire trembla.
_Je ne parierais pas la dessus. Mon ange. Mais tu n'as pas à être inquiéte, je veillerais toujours sur toi. Tiens juste ta promesse, et tout ce passera bien. Tu n'auras plus jamais à t'en faire.
Puis il sortit un petit écrin de la poche de son jean délavé.
_Tiens, c'est un petit cadeau, pour te féliciter. Je sais quelle épreuve c'est pour toi, cette nouvelle vie. Je suis tellement fier de toi.
J'ouvris la petite boite en velours noir. Elle contenais une chaîne surmontée d'un minuscule pendentif en argent. Je soulevais la pierre blanche et transparente, un diamant certainement. Elle était finement ciselée et avait la forme d'un serpent.
_Nessie, le serpent des mers! Soupira t-il dans un rire. Sa voix était voilée par l'émotion.
_Un vrai monstre! Ricanai-je.
Il accrocha le bijoux à mon cou, tandis que je soulevais mes lourdes boucles.
_Ta mére va me tuer! Mais je n'ai pas pu résisté! Je l'ai fait faire en Ecosse, la terre du Loch.
_Merci...papa.

Il eut un petit rire. Il était aussi gêné que moi par l'improbabilité de nos paroles. Nous n'avions décidément pas l'apparence d'un pére et de sa fille.
_Tu n'oublieras pas tout ce que je t'ai dit, hein?
_Oui, promis! Allez, laisse moi tranquille, j'ai des devoirs à faire!

Je tentais maladroitement de mettre fin à ce moment trop chargé en émotions. J'avais toujours eu du mal à les dissimuler. Je n'étais pas assez vampire pour afficher une impassibilité totale. Il pinça avec malice mes joues qui s'empourpraient puis fila d'un pas rapide vers le salon.

Les jours passérent,et à ma grande surprise je commençais à m'intégrer au lycée de Forks. William Anton, comme promis, m'avait présenté son équipe de football américain, et j'avais été trés appréciée. Ils m'avaient tous reluqués sans finesse, j'en avais déduis que le monstre que j'étais, plaisait assez aux mâles. Mais ça s'arrêtait là. Je ne désirais pas me lier de trop avec ces mortels. Ils étaient gentils malgré l'egoîsme dont ils étaient empreints, mais je n'avais aucune envie de m'attacher à eux, profondément. Je me limitais donc aux relations superficielles. J'avais trop peur de souffrir, pour moi, les années n'avaient pas de sens, j'avais une espérance de vie des plus longues, et on n'avait pas encore découvert si j'avais ce statut d'immortelle ou non. Mais je savais que je mourrais bien aprés eux, c'était pour cette raison que je refusais tout attachement.
_ Nessie! Mary Alice!
Nous nous retournames en même temps en direction des exclammations. Will et Amber, accompagnés par trois membres de l'équipe : Jonathan,Kyle et Dan, étaient adossés contre le truck de ce dernier.
_Hey, les filles, vous faites quoi demain soir ,entre heu... 19h et 5 h du mat?
_Ca dépend de ce que tu proposes.
Pouffa Alice. Le jeune homme essayait d'impressionner sa mince silhouette d'immortelle, qui avait déja tout vécu.
_ Bin, on pensait fêter mes seize ans à la Push. Feu de camp et tout, puis ya Dan qui améne sa sono, on la calera dans le van de son grand frère, puis bon, ce sera cool. Y'aura pas mal de monde du lycée. En plus, ils ont prévu du soleil pour la journée et pas de pluie le soir. Ca va être de la bombe!
_C'est quoi ca, la Push? Demandais je, intriguée.
_C'est la réserve Quileute. Coupa Alice, soudain réfrigérée.
Ce simple mot eut le don de me rappeler les visages dorés que j'avais rencontré quelques jours plus tôt chez Charlie.
Will m'adressa un regard insistant et me pria à nouveau d'être de la fête. Je crois qu'inconsciemment, je voulais être humaine comme eux. J'acceptais d'une petite voix, sans même consulter Alice qui resta figée, perplexe.
_Ca va être génial mec! Mary Alice? T'es des nôtres?
_Désolée, j'ai un coup pour ce soir là. Ca va pas être possible.

Étonnée, je lui pincais le bras. Puis je l'attirais vers sa voiture.
_Pourquoi tu me lâches? Ca fait trois plombes que tu me répétes qu'il faut que je m'intégre, et dés que je fais un effort tu m'abandonnes. Sympa. Fulminais-je, agacée par son comportement inexplicable.
_Tu ne peux pas comprendre, Nessie. Laisse tomber, s'il te plait.
C'était mal me connaître. Je commençais à me poser de sérieuses questions.
_Je suis loin d'être une conne. Je sais que vous me cachez tous un truc. Je le sens.
_Tu divagues, ma belle. Je sais même pas si Edward te laissera sortir. T'es un peu jeune pour ce genre de soirée, crois moi.
_Je ne tiens pas à attendre dix ans pour commencer à vivre, figure toi. Répliquais-je acide.
_Ness, ne le prends pas mal, je t'en prie. Y a des choses qu'on ne peut pas changer. Je n'ai pas le droit d'aller sur le territoire de La Push.
Elle articulait chaque mot avec douleur, comme si la vérité lui semblait pénible à sortir.
_Pourquoi?
_Il s'agit d'un traité. Un accord, si tu veux, qu'on a passé avec les Quileutes, pour ne pas qu'ils révélent notre nature. Ils savent que nous sommes des vampires, même végétariens. Donc si nous nous gardons d'aller dans leur territoire, ils garantissent notre secret.

Je digérais chaque paroles tout en essayant de tisser des liens avec les informations que j'avais grapillé, de ci de la.
_Donc il est exclu que je participe à cette soirée. C'est ca? Dis je d'une voix lasse. Ma condition de semi vampire avait encore du mal à coexister avec celle d'humaine.
_Non, ce traité ne te concerne pas. Tu es une exception.
_Ah bon?

Alice se gara devant son imposante villa. Je dormirais chez elle ce soir, visiblement. Je me promis de lui extirper tout renseignement susceptible d'éclairer mes pensées.
_Tu n'auras rien de moi!
J'avais tendance à oublier ses prémonitions. Je soupirais, excédée. Esmé et Rosalie vinrent à ma rencontre, et très vite j'oubliais tous mes questionnements, uniquement préoccupée par les propos de mes amies. Je passais la soirée, plongée dans les livres de Carlisle, essayant de rattraper mon retard scolaire. Jasper et Alice était partis chasser et Rosalie et Emmett discutaient dans leur chambre. J'allais reposer mon ouvrage sur la bibliothèque, lorsqu'un épais album attira mon attention. Mon nom était inscrit sur la tranche, en capitale d'imprimerie. Je le soulevais sans effort et m'assis sur le premier fauteuil que je trouvais. La couverture était épaisse et décorée de volutes bleus et or. Je l'ouvris et observait avec avidité chaque détail. C'était des photos prises lors de mes premiers jours et mois d'existence. J'étais alors un bébé au boucles de bronze et aux grands yeux crème de chocolat. Je n'en revenais pas de la quantité incroyable de clichés, j'avais vraiment été sous les feux des projecteurs. Je tournais les pages, souriant en voyant que mes frères et soeurs n'avaient pas pris une rides après toutes ces années. Bella me tenait dans ses bras avec son regard farouche de nouveau né. Elle avait fait preuve de sang froid extraordinaire pour supporter la douleur de sa soif en ma présence, et devant son père aussi. Je contemplait la photographie en souriant, c'était l'une des rares ou l'on pouvait penser, vraiment, qu'elle était ma mère et non ma soeur. Je la détachais avec soin, je la lui ramènerais quand je retournerais chez moi, demain. ça lui ferait plaisir. Les pages défilèrent sous mes yeux, jusqu'à ce que je reconnaisses le visage halé et lumineux de Jacob Black. C'était lui, à ne pas en douter. Ses cheveux étaient légèrement plus long que la dernière fois que je l'avais vu, mais il était tout aussi grand. Semblable. Ses yeux pétillaient d'un éclat de bienveillance lorsqu'il me tenait dans ses bras. Son sourire était étincelant. Je réfléchissait quelques secondes . Le Jacob Black que j'avais bousculé devait avoir au grand maximum vingt ans. Je lui en donnais moins à cause de ses traits juvéniles, mais sa taille immense me laissait quelques doutes. Or j'étais née, il y a six années exactement. En septembre. Il aurait donc du avoir moins d'une quinzaine d'année, à cette époque. Or, les clichés témoignaient de son age avancé de jeune homme.
Il n'était pas humain.
Je me perdais en conjectures. Il n'avait pas l'air d'un vampire, et j'avais entendu son coeur battre, chez Charlie, j'en été certaine.
Je décidais d'interroger la moins encline au mensonge des femmes Cullen: Esmé. Elle avait une sainte horreur des cachotteries. Je la trouvais en train de dessiner, comme à son habitude, sur la grande table du salon. Nous étions seules, Carlisle travaillait encore à l'hôpital.
_tante Esmé? Je peux te poser quelques questions?
_bien sur ma chérie. Qu'est ce qui t'arrives? Un souci avec tes devoirs?
_non.
Je soupirais. En fait, je suis tombée sur un vieil album, avec des photos de quand j'étais bébé, et je me demandais qui étaient certaines personnes, j'ai des souvenirs mais je ne les reconnais pas tous.
Je lui indiquais celle ou était Jacob.
Elle sembla désorientée,un instant.
_ il s'agit de Jacob Black. Un vieil ami à ta mère. C'est un Indien de la Push. Ils étaient assez liés, et il nous as sorti de bien des problèmes. Mais ne le prends pas mal, ma puce, je... je ne veux pas être celle qui t'apprendra tout cela. Tu devrais en parler avec tes parents.
_ils ne sont pas très disposés a m'en parler. Edward m'a interdit d'approcher cet homme. Pourquoi, tante Esmé? Moi, je comprends rien!
Elle passa ses doigts sur mes larmes, et me sourit tristement. Elle était si compréhensive.
_va te reposer, tu es morte de fatigue. Je vais demander a Rosalie de baisser le volume de sa chaine.
Je baillais. En effet, je commençais à sombrer dans une torpeur agréable. Je pris une douche rapide, revêtit ma chemise de nuit en satin et m'engouffrais dans les chaudes couvertures. Je priais pour que mes rêves m'extirpent de cette ambiance de doutes et de mensonges qui m'enveloppait.

# Posté le mercredi 18 mars 2009 15:34

Modifié le vendredi 14 août 2009 15:40

[ chapitre 4 : un monstre fragile ]

[ chapitre 4 : un monstre fragile ]
Au petit matin, je me levais avec assurance, et l'esprit résolu. La nuit m'avait portée conseil, et j'allais mener mon enquête moi même, puisque tout le monde semblait n'être d'aucune aide. J'avais décidée de partir à la Push, d'une part pour m'amuser avec mes amis humains, d'autres part, pour comprendre un peu mieux qui étaient ces curieux indiens, les Quileutes.
Alice sauta sur mon lit et grogna.
_Si tu crois que je te laisserais faire, tu te fourres le doigt dans l'oeil, jusqu'au coude!
_ Figure toi que j'ai très envie de passer une soirée cool avec des humains.
_Ca ne t'amèneras rien de bon, d'aller là bas. Toi et moi on sait très bien pourquoi tu y vas. J'ai parlé avec Esmé.

_Tu n'as qu'à me dire la vérité, et je n'irais pas à la Push. La balle est dans ton camp.
_Maudit Edward.
Soupira t-elle. Il m'a fait promettre.
_Laisse tomber, Alice. C'est juste que j'ai l'impression de devenir folle. Et je veux juste m'aérer l'esprit. Être insouciante, comme eux. Dis je en balayant des yeux la photo de classe du lycée qui trainait sur mon bureau.
_ Bon. Tu me promets que tu resteras avec les gens de la classe. Tu ne t' aventureras ni dans les bois, ni dans la réserve?
_ Franchement Alice, est ce que j'ai une tête de touriste! Oui, promis. Tu m'aideras à convaincre Edward?
_Ca risque d'être compliqué. Mais je vais essayer.


Bien entendu Edward refusa net. Hors de question, avait-il asséné, d'un ton coupant. Bella s'y était opposée avec vigueur. J'étais trop jeune, trop inexpérimentée. Pourtant j'avais une force herculéene, je ne craignais rien. Je m'enfermais dans ma chambre, essayant de cacher mes pensées aux oreilles de mon père. Je passais donc l'après midi à jouer de la guitare, cherchant d'oreille les bons accords.
_Nessie?
_Entre...

Bella et Edward étaient habillés avec recherche, ma mère portait une somptueuse robe de soirée bleue nuit et mon père était vêtu d'un smoking noir élégant.
_Vous sortez?
_ Carlisle a été invité avec ses «enfants» à l'inauguration de la nouvelle clinique. Nous assisterons au vin d'honneur. Nous reviendrons assez tard, mais ne t'en fait pas j'ai laissé un plat dans le four pour toi.

J'avais décliné l'invitation, prétextant des devoirs à faire.
_ Ok. Bonne soirée alors. Amusez vous bien.
Je m'efforçais de paraître nonchalante, afin de ne pas éveiller de soupçons. Ils filèrent aussi rapides que des fauves vers la volvo argentée de Bella. Lorsque le moteur vrombit, je sus que j'étais libre. Ce soir j'irais à la Push. J'enfilais un jean serré et mis une chemise grise à manche longue, avec, par dessus, un veston noir. Puis je pris les clefs de la Mazda de Edward, l'une de ses voitures de sport, la moins tape-à-l'oeil. Je n'avais pas souvent conduit, mais Emmett me donnait des leçons régulièrement. Mon grand père ne me mettrait pas en cellule pour une malheureuse fugue, pensais-je en souriant. Et je pris le chemin de First Beach.
Vingt minutes plus tard, je me garais en douceur non loin du van de Dan. Will sauta sur ses pied dés qu'il me vit sortir de la voiture, et courut vers moi.
_Nessie! Ma belle! J'ai cru que tu ne viendrais jamais ! T'en as mis du temps. Acheva t il en me détaillant si intensément quand j'en fus mal à l'aise.
_Salut! Ouais, j'ai eu un peu de mal à convaincre mon.. tuteur. Il a un peu du mal avec les soirées entre lycéens.
Il me prit par les épaules et m'attira vers notre groupe d'amis, tous agglutinés les uns aux autre, prés du feu. Will avait vu juste, il ne pleuvait pas. Dan avait allumé ses amplis et certains commencèrent à danser sur la plage. Je me dis que ça devait les réchauffer. L'air était tout de même relativement humide, ça n'était cependant pas désagréable. J'aimais ces températures, à l'inverse de Bella qui avait été trop longtemps habituée à la chaleur de l' Arizona.
Amber eut le don de nous faire rire en passant en revue les potins du lycée, toujours avec une note d'humour. Je ne me l'étais pas imaginé aussi sympathique. Son air revêche de tous les jours différait étrangement du ton qu'elle avait adopté ce soir, pour parler à tous, moi y compris. Cependant, lorsque nos regards se croisaient, j'y décelais une sorte de menace discrète. Je tentais d'apporter ma contribution à la bonne humeur, mais je ne me sentais pas aussi naturelle et décontractée que la plupart de mes amis. Je peinais un peu à être à l'aise. Je guettais dans leurs yeux, dans leurs gestes, le moment où j'aurais fais la gaffe qui m'aurait trahi, où ils me rejetterais. Will s'assit à côté de moi, et essaya de me faire rire. Il prenait ma main de temps à autre, me taquinais en voulant me faire peur à cause de la pénombre qui nous enveloppait. Il ignorait que mes sens hyper développés ne souffraient pas de l'obscurité. Néanmoins je me détendais, désirant à tout prix partager ce sentiment d'humanité auprès de mes «presque» semblables. Il fallait que je trouve ma place. Cette volonté était ineffable. La soirée passa agréablement, puis ils commencèrent à boire quelques cocktails-maison, que je refusais poliment. L'alcool ne me faisait aucun effet. L'air s'était rafraichit, à nouveau. J'observais les parages, outre la végétation dense, l'endroit était magnifique : des falaises escarpées se dessinaient sur les rivages, contre lesquelles les vagues s'écrasaient avec force.
_Tu veux te balader, Nessie?
Will m'offrit son plus beau sourire et un regard très séducteur. J'étais dévorée de curiosité pour cet endroit. J'acceptais, en essayant de refreiner mon enthousiasme. Il prit ma main et m'entraina vers les bois, tout en parlant. D'un débit rapide et fourni. L'alcool avait délié sa langue et il s'exprimait sans aucune honte. Au sujet de son équipe, de sa petite amie Amber qui l'agaçait à présent, de ses tourments d'adolescent rebelle à ses parents. J'essayais de le consoler, cherchant les mots justes. Puis il passa du coq à l'âne et me dévisagea de plus belle. Ses yeux luisaient de désirs,encore. Ce regard aurait pu provoquer en moi de la satisfaction, néanmoins je fus parcourue d'un frisson étrange. Qui s'accrut lorsqu'il caressa mon avant bras.
_Tu me plais vraiment, Ness. T'es magnifique, tu le sais. Bien plus belle que Amber. Elle est jalouse d'ailleurs. Et elle a raison.
Il se pencha sur moi en prononçant ces derniers mots. Son visage était dangereusement proche du mien, il me soufflait son haleine de Whisky au visage. Je me reculais avec précaution. Nous étions assez loin du rivage, et les arbres laissaient filtrer la lueur de la pleine lune. Je n'avais pas envie de le blesser. Il m'avait paru gentil, dés les premiers instants ou je l'avais rencontré, il avait osé aborder les Cullen, ce qui n'était pas rien, lorsque l'on connaissait notre famille. Nous étions tellement repoussants.
_Ness... chuchota t-il en me prenant par les épaules avec un peu plus de force.
Je réfléchissais. J'étais en proie au doute. Une partie de moi avait envie de me rapprocher de ses humains, d'être comme eux, acceptée enfin. Mais une voix en moi me mettait en garde, contre eux, ils étaient si peu fiables. Et je n'aimais pas les manières insistantes qu'avaient Will. Il me semblait un peu trop sûr de lui, trop possessif aussi. Mentalement, je révisais mes options, si je me brusquais, il risquait de se rendre compte de ma force surpuissante, j'allais devenir le monstre de Forks ; Si je filais tel un éclair, il le dirait aux autres. D'autre part, je devinais qu'il était un peu ivre, peut être avais-je une chance de lui faire croire qu'il avait rêvé. Mais son regard était beaucoup trop confiant, je devinais qu'il était à peu prés maître de lui même, et que l'alcool ne lui avait donné que plus de courage. Je commençais à trembler. Comment les humains réagissaient dans de telles situations? Si je criais, il serait confus, mais ça m'étais égal, toute la sympathie que j'avais éprouvé pour lui, s'envolait à mesure qu'il serrait son étreinte. Et nous étions certainement trop loin pour que nos amis nous entendent.
Il caressa mes bras, et m'attira vigoureusement contre son torse. Il promenait son visage dans mes cheveux. Je m'offusquais.
_Laisse moi, Will, je ne veux pas! Je rentre chez moi, tout de suite!
Ma voix se voulait assurée cependant je grimpais dans les aigus en finissant ma phrase.
Il garda ferme sa prise autour de mes bras. Je fis un geste un peu violent. Étonné il resserra son étau, et m'embrassa dans le cou. Puis sa main glissa sur ma clavicule, descendit plus bas encore.
_Lâche moi, je te dis! Je ne rigole pas!
_Laisse toi aller Ness, t'en a envie, je le sais. Tu m'aimes bien. Et puis, tu voudrais pas passer l'année seule avec ta cousine, sans amis. Tu seras une des nôtres. Mmh. Tu es si belle.

Il tenta de m'embrasser. Je criais.
_Non!
Il me jeta sur le sol humide. Je sentis que je risquais de faire une erreur, allais-je dévoiler l'étendue de mes pouvoirs devant cet humain saoul? Je pensais à Carlisle, à Esmée, à mes frères et soeurs, avais je le droit de réduire à néant le semblant de vie humaine qu'ils s'étaient construit.
_ Tu n'es qu'une sale Cullen! Tu ne seras jamais des nôtres! M'assena t-il furieux.
Il me gifla. Bien sur, je ne ressentis aucune douleur. Lui certainement. Je m'étais un peu reculée pour ne pas lui casser le bras, j'aurais bien aimée pourtant. Je me sentais prisonnière de mon corps, en cet instant.
Des tréfonds de la forêt un grondement retentit, grave et puissant. Une bête sauvage certainement, si j'en croyais mon odorat. Je respirais plus librement. Will allait se sauver. Agenouillé contre moi, il balbutiait, en proie à la panique.
_Si tu parles, je dis à tout le lycée que t'es une salope.
Il tenta de me gifler, un seconde fois, lorsque un loup surgit. Immense, dans l'obscurité. Il retroussa ses babines , dévoilant des crocs étincelants. Will se leva souplement, et courut, en bon sportif qu'il était, m'abandonnant sur le sol terreux, en face du mastodonte.
J'observais la créature, nullement apeurée. Je savais que mes dents aiguisées viendraient facilement à bout de sa fourrure, de sa chair et de ses tendons. Je pris appui sur l'une de mes jambes et sautai sur l'animal. La bête s'écarta sur le côté pour m'éviter, et dans un élan que je ne compris pas, elle se rua entre moi et le sol jonché de pierres. nous roulâmes sur une petite pente escarpée, tandis que je donnais des coups puissants contre les côtes de l'animal immense. Ma bouche n'arrivait pas à se refermer contre son encolure, ses membres musclés m'empêchaient de l'atteindre. J'ignorais que les loups étaient dotés d'une force semblable à la mienne, mais ne les ayant jamais combattu par le passé, je passais outre. Soudain je fus projetée contre un tapis de mousse quelques mètres plus loin. Le temps que je lève les yeux vers mon ennemi, le loup avait disparu. A sa place se tenait une silhouette musclée cachée derrière un arbuste.
Je frottais mes yeux. Je ne rêvais pas. Il s'agissait d'un être humain, grand. Immense. Je fouillais les bois à la recherche du loup, rien, pas un frémissement, pas un bruit de galopade.
_ Ne me regarde pas!
Bien entendu je n'obéissais pas. Je me relevais, et ajustais mes vêtements salis.
_Tu n'as rien? La voix était rauque, douce et teintée d'inquiétude.
Qui diable était cet homme et comment avait il surgit sans que je le remarque?
Je cessais d'avancer lorsque je me rendis compte que l'homme qui me parlait était... nu!
Je rougissais tout en me demandant ce que pouvait faire un homme dévêtu dans des bois regorgeants de loups féroces, à cette heure ci. Je priais pour qu'il ne fut pas un pervers, ce soir, j'avais eue ma dose. Une vague d'angoisse s'empara de moi alors que je comprenais qu'il m'avait certainement vu attaquer cette bête. J'espérais qu'il n'avait pas vu toute la scène, sans quoi j'étais démasquée.
Je me détournais. Il perçut mon geste. J'entendis quelques froissements, il enfilait un pantalon.
_C'est bon, tu peux te retourner, j'ai un jean.
Je restais là où j'étais, pétrifiée.
Je sentis qu'il avançait vers moi, lentement, je perçus son souffle chaud prés de ma nuque.
_Nessie... tu n'as rien à craindre. Il est parti.
Il me connaissait. Le timbre de sa voix était si chaud, si enveloppant, j'en éprouvais une bizarre sensation de bien être, de sécurité, moi qui n'en avais jamais eu besoin.
L'inconnu se tenait à quelques centimètres de moi. Je tremblais, en proie à de multiples émotions. Terreur, soulagement, curiosité et je ne sais quoi d'autres. Je parvins à articuler.
_Qui es tu?... où est le loup? Je... Je ne l'ai pas vu s'enfuir!
_ Je suis là.
_ Ne me dis pas que... Tu étais le loup..
_Et toi, tu étais une adolescente sans défense.

Je me retournais vers lui. Il me dominait de tout son être. Son visage dorée et chaleureux était cependant tendu. Il tremblait aussi.
_Jacob Black! Soufflais je dans un murmure.
Il passa sa main dans ses cheveux d'ébènes, en bataille. Pour des raisons que j'ignorais, il restait là, à mes cotés, alors que tout son être semblait vouloir m'échapper.
_Il t'a fait du mal? Réponds moi! Ce salaud t'as touché?
Il était furieux. Ses yeux sombres brulaient, il me dévisageait avec force et passion. Je soutenais son regard ardent et ténébreux.
_ Non. Je n'ai rien. Il m'a quittée lorsque tu as surgit...
Nous nous contemplâmes sous la lumière argentée de la lune, pendant de longs instants. Sa bouche pleine tremblait, ses narines frémissaient. Chaque cellule de mon corps réagissait face à lui. Je ne comprenais pas les émotions qui investissaient mon esprit. Colère, haine, désir,curiosité, frustration, plaisir, et irritation. autant de sentiments incohérents qui me heurtaient de plein fouet. Je n'aurais jamais du être si prés de lui, et le vouloir, surtout. Je comprenais qu'il m'était impossible de déplacer mon corps d'un pouce. J'étais enracinée dans le sol, à quelques centimètres de mon protagoniste.
J'entendis des voix. On hurlait mon prénom. Will avait du revenir au camp maintenant. Je haletais.
_ Ils me cherchent.
Il m'était difficile de me détacher de ses yeux noirs qui transperçaient et incendiaient ma peau de toute part. J'étais énervée de ne pas arriver à maitriser mon corps, face à lui. Je le fusillais du regard.
Finalement, je fis un pas sur le coté,puis baissais les yeux, fiévreuse. Je commençais à marcher, en direction de mes compagnons. L'indien me rattrapa et me tira le bras, doucement. Je me dérobai violemment, confuse.
_ Tu ne vas tout de même pas retourner vers ce connard! Il voulait te violer, y a même pas un quart d'heure!
Son ton m'irrita. Pour qui se prenait-il? Je savais parfaitement me débrouiller. S'il n'était pas arrivé, je suis sure que j'aurais pu me sortir de la situation, sans trop de risques. Me mentis-je.
_ Je rentre chez moi.
_ Seule?

Je me retournais, une fois de plus. Je ne comprenais pas pourquoi il s'entêtait à vouloir me suivre. Cependant j'avais une tonne de question à lui poser, et même si sa présence me faisait enrager, je devais la supporter, si je voulais obtenir un minimum de réponses.
Je soupirais.
Puis, je lui tendis mon anorak, après tout il était torse nu. Si mes camarades le voyaient surgir a demi nu, ils risqueraient de se poser des questions. Il l'enfila rapidement, même s'il était bien trop étroit pour lui, mais dans l'obscurité personne ne s'y tromperait.
_Je suis là, ça va.
Je rejoignis le groupe, suivie de l'indien. Will me regarda avec attention, sa bouche se tordait en un rictus mauvais. Son chantage tenait toujours.
_Le loup est parti, il a du avoir peur de... heu..
Je levais le menton en direction de Jacob Black.
_Jacob. Je faisait un footing dans le coin. Dit il en croisant le regard soudain apeuré de Will. Viens, Nessie, je te ramènes.
Je pris mon sac, saluais tout le monde, à l'exception de Will, et trottinais en direction de ma voiture. Jacob Black marchait parallélement à moi, tout en me jetant des coups d'oeil à la dérobée.
Je me mis au volant tandis qu'il s'installait a mon coté.
_je te dépose quelque part? Proposais-je, acide.
_Non, on va chez toi. Je rentrerais à pied.
Je levais un sourcil. Guère rassurée à l'idée de voyager avec un parfait inconnu, et encore moins en pensant que je l'amenais directement chez moi.
Le paysage obscur défila rapidement, à mesure que j'accélérais.
_Pourquoi tu ne t'es pas défendue? Jeta t-il brusquement.
Je pris une profonde inspiration et le regardait droit dans les yeux.
_ Je ne voulais pas qu'il comprenne que je suis... différente. Répliquais je en rougissant.
_Tu l'aurais laissé te faire du mal pour protéger ton secret? Ca n'a aucun sens! S'énerva t-il.
J'ignorais jusqu'où cet inconnu connaissait mon secret. Je préférais rester prudente, consciente que j'en savais bien plus que lui.
Le silence plana dans l'habitacle brulant. L'indien irradiait littéralement.
_D'où tu connais mon prénom? Enfin... Mon surnom.
_Re-nes-mée
. Dit-il en détachant chaque syllabe avec amusement. Je grognais.
_Réponds, Indien, je n'ai pas beaucoup de patience!
_Ton père n'aurait pas mieux parlé! Je crois presque l'entendre...

Je poussais un soupir excédé. Je commençais à être fatiguée, énervée. Et il avait le don de me mettre hors de moi.
_Je suis un ami à ta mère, Bella. Et je connais le secret de ton clan de Vampire. Inutile de te la jouer!
J'appuyais sur le frein avec violence. La voiture sursauta et s'arrêta dans un soubresaut sur le bas coté. J'avais enfoncé la pédale à fond, et certainement froissée la tôle sous mon pied droit. Il eut un gémissement malheureux.
_Ca va être difficile à réparer. Une si belle caisse.
Il faudrait que je m'arrange pour en voler une d'ici demain matin. Peut être qu'oncle Emmett m'aiderait. Je croulais sous la fatigue, peu encline à finir le trajet en courant. J'ouvris la portière, mécontente. Sa dernière phrase m'avait surprise,choquée.
Je m'assis sur l'un des larges rochers qui dessinaient les contours de la route abimée.
_Pourquoi, ma famille, m'a t' elle caché ton existence?
Il s'esclaffa et entreprit de masser les muscles endoloris de son avant bras.
_Tu ne m'as pas loupé tout à l'heure...Ouch....Oh, ils ont leurs raisons.
_ Comment sais tu qui je suis, qui nous sommes? Et toi, tu es quoi au juste? Je n'ai jamais vu ça!

Il passa sa langue sur ses lèvres desséchées, et fronça ses sourcils,visiblement déçu.
_Tu n'as pas bonne mémoire alors. Je suis un Loup garou. Enfin un Modificateur, un truc comme ça, selon les dires de ton espèce..
Je me mis debout, m'approchais de la voiture, que je déplaçais sur l'herbe, d'une simple poussée de la main.
_ Je t'ai vu sur des photos. Quand j'étais petite...Vas tu m'expliquer pourquoi je n'ai jamais entendu parler de toi, toi qui semble si bien nous connaître, moi et les miens? Et pourquoi mon père m'a t-il interdit de t'approcher?
J'avais prononcé ces derniers mots dans un sanglot. J'étais étourdie par ses révélations, par les mensonges de ma famille, et certainement encore sous le choc de mon agression de tout à l'heure. J'avais peur de sombrer dans l'hystérie. Il fallait que je me calme.
Je glissais le long de la portière et m'accroupis sur l'herbe humide. Je tenais ma tête entre mes genoux, laissant mes larmes silencieuses couler le long de mes joues froides.
L'indien me rejoignit en une fraction de seconde, il se mit à genoux, essayant de se mettre à mon niveau. Je sentis sa main brulante qui effleurait mon front, mes cheveux. Derechef je fis un bond de quelques mètres et me retrouvais sur la chaussée. D'un revers du coude, j'essuyais mes larmes et repris une expression ferme.
_ J'exige la vérité. Indien, et tu n'y échapperas pas. Crois moi.
Je mis toute l'autorité possible dans mes intonations dures qui ne me ressemblaient pas. Il me toisa en souriant, soudain hilare. Puis il se recomposa un visage sérieux.
_ Les buveurs de sang vont être en rogne quand ils sauront que je t'ai parlé, mais pour une fois, et je t'assure que je dis pas ça souvent, tu devrais les écouter.
_Ce qui veut dire...
_ J'ai pas envie de te dire ça comme ça... Ca fait des années que j'attends ce moment, que je le redoute aussi... Ils auront réussi à tout me pourrir, même ça, j'y croit pas.

Il marmonnait ses derniers mots avec colère.
Contre toute attente, j'avançais vers lui, mes bras croisés sous la poitrine. Il pivota dans ma direction ,réduisant une fois de plus la distance qui nous séparait. Son souffle devint heurté, sa mâchoire carrée tremblait. Ses pommettes se teintèrent de rouge. J'étais plongée dans un abîme de perplexité, mais qu'attendait-il de moi? Ces propos étaient incompréhensibles. J'étais excédée.
_Nessie...Il murmurait mon prénom en me couvrant du regard, avec.... Tendresse!
Voilà que mon corps me jouait des tours, à nouveau. Qu'est ce qu'il me prenait? Mon sang battait dans mes veines avec une rapidité incroyable, diffusant un feu dévorant vers chaque extrémités de mon être. Le rouge me montait au joue et je luttais intérieurement pour le dissimuler, sous l'assaut de ses prunelles noires ardentes. Dans mon ventre, un essaim de papillon voletait, et je me crispais en proie à l'attente.
À cet instant, nous fûmes dérangés par l'éclat aveuglant des phares d'une mercédés noire, qui s'arrêta à quelques mètres de moi, dans un dérapage contrôlé bruyant.
_Nessie!
La voix aigüe de mon amie Alice me sortit de l'état végétatif dans lequel j'étais depuis que Jacob Black m'avait ensorcelé du regard. Cette dernière bondit de la voiture et fut à mes côté en une seconde, foudroyant au passage Jacob. Je levais la tête vers le corps fluet de ma cousine, la mine penaude.
_ Toi, mon vieux, tu vas regretter d'être né! Hurla t-elle à l'encontre de l'indien qui affichait un air amusé et triomphant.
_Moi aussi je t'aime Alice. Tu as passé une bonne soirée, en compagnie de tes charmantes sangsues?
Elle ne répliqua rien mais prit ma main avec force et m'entraina vers son luxueux engin. Je n'eus que le temps de m'assoir sur le confortable siège en cuir que déjà la voiture nous enlevait loin de mon compagnon à une vitesse affolante. Je regardais Alice, ses sourcils arqués se rejoignaient en accent circonflexe, elle se concentrait sur la route, bien plus que d'ordinaire. Je compris qu'elle réfléchissait.
_Tu m'avais promis. Lâcha t-elle, déçue.
_ C'était pas voulu.
Je regardais le cadran lumineux, il était un peu plus de minuit de demi.
_ Je me suis aperçue très tard que je t'avais perdue de vue... J'étais trop concentrée sur le retour de Jasper. Edward va me tuer. Quelle idiote!
_ Je voulais juste m'amuser, tu le sais ,Alice! Je.. Je suis humaine aussi! Merde. J'ai besoin de savoir que je peux être comme eux aussi!
Je sanglotais à présent. Elle se décontracta et m'adressa un pauvre sourire.
_je sais que ce n'est pas facile à vivre. Ce métissage... Raconte moi ce qui s'est passé, je ne m'énerverais plus, promis.
Je respirais à coup saccadée, puis je débitais rapidement.
_ Je suis partie à la Push pour la soirée de Will, au début ça s'est bien passé, on rigolait bien, c'était cool. Vraiment, tu sais. Mais après, je suis allée me balader avec lui dans les bois, il avait envie de parler, puis il avait bu un peu aussi.» Elle me dévisageait, avec des yeux ronds et inquiets. Je repris ma narration, rougissant de plus belle. « Et là, il a commencé à être un peu trop.. proche de moi! Il a essayé de m'embrasser, et j'ai eu peur d'utiliser ma force, tu sais, je voulais pas tout gâcher, tout ce que vous aviez construit depuis des années, juste à cause d'un accident avec ce gars, alors il m'a battue, et puis on a entendu un grognement dans la forêt. C'était un loup, et Will s'est barré en me laissant seule.»
Alice grinça des dents alors que j'évoquais le comportement de Will.
_ J'aurais du me douter que ce connard avait de sales intentions envers toi. J'aurais du le voir. Continue, s'il te plait, et n'omets aucun détails!
_ Comme il n'y avait plus d'humains en vue, j'ai décidé de combattre le loup qui avait l'air féroce. Je me suis jeté dessus et on s'est battu quelques instants, mais il était trop fort pour que je le tue. J'ai même pas réussi à le blesser.
Elle ricana en marmonnant un « j'aurais adoré ça!» je repris, un peu gênée par les moments que je me préparais à évoquer.
_Puis il m'a jeté sur le côté et lorsque j'ai ouvert les yeux, il s'était transformé en un..homme! En Jacob, tu vois. Comme vous me cachez tous pleins de choses depuis le début, j'ai décidé de lui tirer les vers du nez, alors on a pris le chemin du retour, sauf qu'un de ses propos m'a énervé et j'ai défoncé le plancher de la Mazda d'Edward. Et tu es arrivée.
Nous arrivions devant le cottage qui se découpait entre les sapins obscurs. Elle se gara en douceur, et resta silencieuse jusqu'à ce que nous atteignîmes ma chambre. Je m'allongeais sur mon lit sans même retirer mes tennis. Alice me rejoignis, pensive.
_ Ne t'en fais pas pour la Mazda de ton père, je la remplacerais avant leur retour. Est ce que Jacob t'as dit des choses.. bizarres?
Je fis signe que non. J'étais épuisée, et la seule chose que je désirais, outre une douche brulante, c'était de pouvoir dormir et d'arrêter de penser aussi. Je la congédiais donc, maladroitement. Elle ne fut pas dupe, et partit en ronchonnant, tout en insultant l'indien de clébard, et autres noms de chien. Ces deux là ne s'appréciaient vraiment pas.
Quelques instants plus tard, j'étais seule dans le cottage, et prête à m'endormir, vêtue d'une nuisette en coton. J'étais prostrée dans mon lit, en proie à l'affolement. Le contrecoup. Il m'assomma. J'avais eu peur. Pour la première fois. L'humain m'avait terrorisé, avec ses gestes. Je m'étais sentie salie, brusquée. Et prisonnière de mon corps hybride, trop puissante pour pouvoir réagir, trop faible pour comprendre ce qui m'arrivait. L'intrusion de L'indien m'avait sauvée, malgré tout ce que j'avais dit, ce soir. Je tremblais à son souvenir. La pensée de son regard pénétrant me paralysa à nouveau. Et je me mis à pleurer de manière incontrôlable, tout en étreignant mes maigres épaules. Le sommeil eut raison de mes accès de tristesse, tant j'accueillis avec joie le moment ou il m'en libérerait.

# Posté le dimanche 22 mars 2009 15:43

Modifié le vendredi 14 août 2009 15:41

[ chapitre 5 : Un corps de pierre renfermant un coeur de chair ]

[ chapitre 5 : Un corps de pierre renfermant un coeur de chair ]
Au petit matin, j'eus le plaisir de constater qu'une rutilante Mazda rouge sang se tenait dans l'allée. Alice avait tenu parole, à mon grand soulagement. Je mis en branle mon cerveau pour m'empêcher de penser aux événements de la veille, il fallait que j'évite à tout prix Edward et son don pénible. J'enfilais une tenue adéquate pour sortir sous la pluie battante, espérant ainsi échapper aux questions de mes parents qui ne tarderaient pas à comprendre, rien qu'en sentant l'odeur de loup garou qui empreignait mes vêtements de la veille, que je n'avais pas respecté ma promesse.
C'est ainsi que je me retrouvais, presque instinctivement, sur la plage de First Beach, marchant dans le sable boueux, entre les troncs d'arbres desséchés par le sel, et les algues noires nauséabondes. J'étais d'humeur maussade. Je savais que mes lendemains au lycée de Forks s'avéreraient pénibles, en raison de la prochaine attitude hostile de William Anton, qui j'en étais sure, ne tarderait pas à me faire payer cher mon rejet. Je donnais des coups de pieds furieux à l'encontre des branchements morts qui obstruaient mon passage.
Jacob Black était un loup garou, un ami à mes parents, qu'on avait écarté de ma vie pour je ne sais quelles raisons. Et il éprouvait des sentiments bizarres pour moi. J'avais lu dans ses yeux que je ne lui étais pas indifférente, et si Alice n'avait pas surgit au milieu de nulle part, j'étais certaine qu'il m'aurait avouer la raison pour laquelle on m'avait éloigné de lui, dés mon plus jeune âge.
Je sentis soudain une présence, autour de moi. Je scannais les alentours de mes yeux perçant d'aigles, sans rien y déceler. Je passais la journée à contempler l'océan furieux, ravagé par les trombes d'eaux qui s'abattaient sur la houle épaisse. La pluie avait réduit mes boucles cuivrés en un fin rideau sombre de cheveux, dégoulinant de toute part, plaqué contre mon visage blanc. Mes larmes se mêlaient au ruissellement ambiant. Pourquoi éprouvais je cette mélancolie? Pourquoi mon coeur semblait il vide tout à coup? Pourquoi ce que j'avais toujours été, refusait net de se développer? Pourquoi étais je en proie à mon propre rejet? Je ne m'acceptais pas, je me dégoutais. Le ciel s'obscurcit bien plus encore, et je compris que cela faisait des heures que je me tenais là, et que la journée touchait à son terme.
J'eus ma révélation. Je ne serais jamais une humaine, je ne serais jamais aimée pour ma faiblesse, pour ma mortalité, pour les sentiments débordant que mon coeur pouvait éprouver. De même je ne serais jamais semblable à un vampire. Mon coeur qui cognait dans mon sein me prouvait le contraire. Que me restait il comme solution? Vivre à la frontière, grappiller de ci de là, des morceaux de mes deux vies incompatibles, j'étais la mort et la vie, la puissance absolue et la pire des faiblesses, une enveloppe d'acier renfermant un coeur de chair.
Je ne pensais plus. J'avançais vers l'océan, poussée par une étrange pulsion. Je me fichais du froid, et de la colère des éléments, j'avais juste envie de disparaître. Comme si c'était possible. J'étais semi humaine, semi vampire, si j'avais un coeur qui battait, il devait y avoir des moyen de l'empêcher de pulser dans ma poitrine. L'eau salée chatouilla mes jambes, mon jean me collait, la sensation était désagréable au possible. Mes yeux chocolat, rougis par les pleurs de la journée étaient irrités et me brulaient. Je m'enfonçais dans l'eau jusqu'à la taille, inconsciente de la morsure du froid de novembre.
Je baissais mes paupières,et laissais mon esprit fou s'envoler avec le peu de raison qui me restait.
J'attendrais. Le temps qu'il faudrait pour que l'on m'ôte de ce monde inhospitalier. Quel pouvait bien être le sens de ma vie? J'étais arrivée par erreur. On avait beau me l'avoir cacher, j'avais deviné. J'avais été la cause de la perte d'humanité de ma mère. J'avais failli la tuer. Et malgré l'amour dont j'avais été toujours entourée depuis des années, je ne parvenais à me sentir chez moi, nulle part. Je me mis à crier, contre le vent, ma voix portait peu, mais je vidais mon âme et mon corps avec violence. Mes plaintes moururent en de longs sanglots qui me secouèrent, a l'instar des vagues glacées. J'étais perdue. Abandonnée dans un monde qui m'avait délaissé.
Soudain, de larges bras musclés et dorés m'encerclèrent la taille. Un souffle chaud électrisa ma nuque. Je continuais à déverser mes larmes, immobile. L'indien posa son visage incandescent contre mon cou, à l'endroit ou l'on reçoit les baisers, d'ordinaire. Il ne prononça pas un mot, il se tint juste serré contre moi. Je sentis ses larmes chaudes qui tombaient sur ma clavicule, entremêlées aux miennes, glacées.
Il partageait ma douleur. Ses mains descendirent sur ma taille,cherchèrent mes doigts, qui s'engourdissaient sous l'eau iodée. Nous restâmes de longs moment ainsi. En totale osmose, les yeux perdus dans l'horizon ombragée. Il murmura mon prénom, puis d'un geste souple, il me souleva, tandis que indolente je me laissais aller contre son torse brulant.
La nuit était tombée depuis quelques heures déjà, lorsqu'il me déposa non loin du Cottage. Mes parents devaient certainement me croire à la villa Cullen. Ils avaient l'habitude de mes longues ballades solitaires.
_Nessie...
il tentait en vain de me protéger de la pluie qui tombait avec rage. Je posais un doigt sur ses lèvres. Il m'emprisonna dans ses yeux sombres, à nouveau. Comme s'il désirait tisser un lien qui nous unirait, à jamais. Suspendue à son cou, je chuchotais un merci inaudible. Puis je me décrochais, et d'un pas chancelant je regagnais la maison de mes parents, sans un regard en arrière, espérant que l'Indien ne parlerait jamais du jour ou il m'avait vu, telle que j'étais. Vraiment
.

# Posté le mardi 24 mars 2009 13:03

Modifié le vendredi 14 août 2009 15:41